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13.08.2006

Comment créer un environnement culturel et idéologique belligène

Monsieur Frédéric Rousseau, professeur d'histoire contemporaine à l'université Paul Valéry de Montpellier nous livre, dans son dernier ouvrage:"La Grande Guerre en tant qu'expérience sociale" chez Ellipses, des pages riches d'enseignement.

 

 

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la section culture et action du FLB, décide de reproduire ici quelques extraits:

" Le sentiment national, c'est-à-dire le sentiment d'appartenance à une nation, cela se fabrique. Fruit d'une construction politique et culturelle (linguistique et littéraire notamment), le sentiment national repose sur un certain nombre d'éléments partagés, comme la langue, l'histoire, des traditions, des institutions, parfois la religion; il découle d'un long processus parfois multi séculaire comme dans le cas de la France et de l'Angleterre (...et du Berry...). Dans le reste de l'Europe c'est surtout au 18em siècle, et plus encore au cours du 19em, que des savants patriotes, linguistes, grammairiens, philologues et littérateurs jouèrent le rôle d'éveilleurs de consciences nationales en révélant, voire en créant, les langues des Etats qu'ils imaginaient et appelaient de leurs voeux.

(…)

A cet effort généra déployé par des linguistes et des littérateurs pour inventer et fixer des langues nationales s’ajoutent ceux des nombreux faiseurs d’histoires nationales. Partout en Europe, des philosophes (Herder, Fichte), des écrivains (Goethe, Walter Scott), des poètes (Mickiewicz) et aussi quelques historiens professionnels (Michelet, Carlyle, Pirenne, Palacky, Treitschke) travaillent à la résurrection, voire l’invention, d’un passé qualifié de « national ». Leurs œuvres se caractérisent par l’exaltation d’une mémoire nationalisée, d’ancêtres et de héros mythiques et/ou mythifiés, et d’événements clés édifiants, jalonnant une histoire affirmée sans discontinuité ni rupture. ".

Et c’est cette rupture que le F.L.B. prétend incarner. Le pouvoir national, qui n’est rien moins, nous venons de la voir qu’une construction, ne pourra plus résister bien longtemps aux coups de boutoir que l’intelligentsia berrichonne va lui asséner, jours après jours.     

 

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