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24.07.2007
roman feuilleton 7/?
Nous vous l'avions promise: la voici, la suite tant attendue et pour le moins coquine de notre roman feuilleton.
Sept heures sonnèrent au clocher de l’église du quartier, une mouche kamikaze effectuait des loopings en faisant un raffut de tous les diables. De temps en temps, elle atterrissait sur une fesse ou sur un ventre, faisait un sprint sur quelques centimètres de peau et s’envolait bien vite en évitant de justesse la main qui venait claquer juste à l’endroit où elle s’était posée. A force, elle parvint enfin à réveiller la femme qui se retourna sur le dos, s’étira et ouvrit les yeux pour la chercher du regard. La mouche dut le comprendre car elle disparut subitement par la fenêtre, avec, sans doute, le sentiment du devoir accompli.Dans le calme revenu, la jeune femme releva légèrement la tête sur le côté pour observer son mari qui dormait en ronflant doucement. Son visage était paisible et détendu, ce qui lui donnait un air presque poupon. Fatiguée de tenir la position, elle se laissa tomber lourdement sur l’oreiller et resta ainsi, sans bouger, les yeux ouverts, à rêvasser. Le plancher craqua. Elle sursauta, parcourut la pièce du regard : Une grande chambre carrée, sobrement meublée, avec seulement une petite table et deux larges fauteuils disposés en vis à vis dans la lumière de la fenêtre. Sur les murs de crépi blanc, quelques tableaux apportaient une note colorée à l’ensemble et une grande glace encastrée ajoutait de la profondeur. Les enfants dormaient chacun sur un canapé, dans une petite pièce attenante séparée de la grande par un rideau de velours sombre. La salle de bain et les w.c étaient dans le couloir d’entrée qu’une porte de bois vernis isolait du reste de la chambre. Elle se leva, alla vérifier que les enfants dormaient bien et revint s’allonger auprès de son mari.
C’était la meilleure heure de la journée ; un petit courant frais venait faire oublier, pour un instant encore, la fournaise de la journée. Elle se sentit heureuse et tout doucement, chuchota :
-‘’ Tu dors ?’’
Elle n’eut qu’un grognement pour réponse. Elle attendit un peu, puis se mit à genoux. Elle s’amusa à faire la mouche en faisant courir sur la peau velue de son mari, la pointe d’une plume arrachée à l’oreiller. Elle la laissait s’envoler et revenir se poser un peu plus loin, dessiner des arabesques autour des poils qui se dressaient dans un frisson, sur son passage. Le résultat ne se fit pas attendre très longtemps ; après quelques échecs pour massacrer cette sale bête le mari jura:
‘’ Putain merde ! fais chier !… Quelle heure il est ?’’
Il lui arrivait d’être un peu grognon à son réveil. Elle ne répondit pas tout de suite, jugeant préférable d’attendre qu’il fût vraiment réveiller pour lui annoncer qu’il n’était que sept heures et quart :
-‘’ C’est l’heure… On avait dit qu’on le ferait tous les jours … Tu as promis...’’
Il pesta juste un peu, mais dut reconnaître qu’il l’avait dit. Elle surenchérit :
-‘’ De toute façon, c’est bon pour la santé. J’ai lu qu’un seul quart d’heure tous les jours faisait gagner un mois de jeunesse par an. Alors… Mais il ne faut pas faire tous les jours la même chose !’’
Il la contemplait les yeux mi-clos ; son corps qui se dessinait dans la lumière tamisée du matin aurait pu inspirer un peintre. Il se dit qu’il avait de la chance car elle était belle. Elle faisait des efforts pour le stimuler et ne ménageait pas sa peine :
-‘’ Regarde ! ‘’
Elle s’était agenouillée sur le lit, se redressa, se cambra en tendant sa poitrine et, les mains tournées vers le ciel, fit onduler son bassin en roulant des fesses et du nombril comme seules savent le faire les Tahitiennes quand elles dansent le tamouré.
Il eut comme une montée de sève… Puis, elle s’enroula vers l’avant et fit une roulade pour lui échapper. Assise de l’autre côté du lit et avec un sourire coquin :
-‘’ Tu as vu ? Et … hop ! ‘’
En un violent coup de reins, elle bascula en arrière pour se rétablir dans la position de départ :
- ‘’ Tu comprends, il faut entretenir sa souplesse ; C’est important la souplesse… ça donne une belle démarche… C’est très important la démarche, tu sais, mon chéri. Allez ! A toi maintenant.’’
Il la regardait dépité et se mit à regretter son célibat, car il dut reproduire pendant quinze longues minutes tous les exercices que sa femme avait lus, dans le numéro ‘’Spéciale Forme’’ de ‘’ Femme pratique’’.
Vous voulez connaitre la suite ecrivez-la à : frontdeliberationduberry@yahoo.f
11:39 Publié dans roman feuilleton | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, écriture, lecture, nouvelles et textes brefs, langue française, roman, chateauroux



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